ÉDOUARD MANET  (1832-1883)

Portrait de "Mery Laurent aux seins nus", vers 1876

 Edouard Manet

Attribution de cette œuvre à Édouard Manet

|Edouard Manet|

Édouard Manet naît le 23 janvier 1832 a Paris. Son pere était Chef du personnel au Ministère de la Justice, sa mère fille d'un agent diplomatique a Stockholm. Très tôt, sous l'impulsion de son oncle qui l'emmène dans les musées, Édouard Manet exécute ses premiers dessins et réalise de nombreuses copies. Plutôt que d'entreprendre des études de droit comme le souhaitait son père, Manet s'inscrit au concours de l'École Navale. Après deux échecs, son père consent enfin a ce qu'il se consacre a la peinture. Il entre alors a l'atelier Couture ou il restera six ans. Très vite, Manet entre en conflit avec son maître et critique la peinture d'histoire. Son père le contraint cependant a rester dans l'atelier. Vers 24 ans Manet, grâce a l'argent de son père, voyage beaucoup et découvre l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et la Hollande. Il quitte définitivement l'atelier après avoir montre a Couture un tableau qu'il vient de peindre Le Buveur d'absinthe et que Couture critique fortement. Il commence alors a voir quelques unes de ses toiles exposées et fréquente d'autres artistes - Baudelaire, Zola, le photographe Nadar, les peintres Fantin-Latour, Degas, Monet et Pissarro. En 1867, le refus des oeuvres de Manet a la section artistique de l'Exposition Universelle provoque un article passione de Zola dans le journal L'Événement (aujourd'hui le Figaro). La déclaration de guerre a l'Allemagne survient en 1870, il s'engage dans la Garde Nationale et passe sous les ordres du Colonel Meissonier, peintre militaire, qui cherche toutes les occasions de le brimer. Après la capitulation de Paris, Manet retourne a la peinture. Il vend de nombreuses toiles. Il peint alors Le Repos, le Chemin de Fer, l'Artiste (1873 a 1876). Il se heurte encore aux chantres de l'académisme et voit les portes des salons se fermer devant lui. Il commence a ressentir des douleurs aux jambes. En 1881 il entreprend d'évoquer les saisons par des figures féminines et exécute le Printemps. Sa santé ne s'améliore pas. Il fréquente les Folies-Bergere ouvertes à Paris en 1880 et y puise l'inspiration du Bar aux Folies-Bergere. Ces deux toiles (Le Printemps et le Bar) sont enfin présentées au Salon avec un grand succès. Peu avant le 25 mars 1883, il peint encore des fleurs. Bientôt il lui devient impossible de coordonner ses mouvements. La gangrene se déclare dans la jambe gauche; il est ampute. Manet meurt le 30 avril. Son oeuvre La force de sa vocation et une volonté inebranlabre ont permis a Manet de surmonter l'incompréhension, la raillerie et l'hostilité rencontrées dans son mouvement de renouveau de la peinture. Manet est arrive en pleine domination de l'académisme: un réalisme minutieux qui donne l'illusion du réel au service d'un sujet anecdotique, qu'il soit historique, littéraire, religieux ou d'actualise. Ce réalisme n'est pas un réalisme visuel mais un réalisme appris, principalement fonde sur une application scientifique et rigoureuse de la perspective et du modeler tournant dégrade. Pour Manet, la peinture n'est pas cela. Il sait qu'un tableau n'est pas la reproduction photographique d'une scène mais une réalise plastique et que le tableau doit, autant que possible, restituer la sensation première éprouvée. Il est facile de comprendre que la peinture académique, par l'application systématique de la perspective et du modeler et donc par l'utilisation de sources étrangères a la sensation directe, ne peut satisfaire les objectifs de Manet. Sa peinture tente de concilier une construction plastique, c'est a dire une impression artistique qui repose sur le dessin et les couleurs et l'équilibre entre ces éléments, indépendante du sujet et le souci de préserver la fleur de la sensation. Pour conserver la première sensation perçue, Manet a tendance a simplifier sa vision et a ne retenir qu'une image schématisée, ramenée a l'essentiel, c'est a dire a des oppositions simples d'ombres et de lumière, ainsi qu'a des plans silhouettes en larges aplats de couleur franche a peine modulée. Le Fifre réalise en 1866 est un parfait exemple et l'un des chefs-d'œuvre de Manet. Le modelé est un petit musicien militaire amené a l'atelier par un ami commun de Manet et Baudelaire. Le contour brut qui arrête les formes sans définir les plans établit un double rapport d'attraction entre la figure et le fond et entre la figure et le spectateur. L'usage de couleurs crues, le rouge du pantalon, le noir du gilet et la simplification du dessin et des volumes se détachant sur le fond qui ne retient que l'atmosphère de la scène, crée l'équilibre plastique de la toile et procure une présence vivante au personnage qui est celle de la sensation visuelle première éprouvée. Le Bar aux Folies-Bergere est la dernière grande composition célébrant la vie contemporaine peinte par Manet. Sur le comptoir, une des plus belles natures mortes jamais peintes; derrière Suzon, la serveuse du bar, une grande glace ou elle se reflète ainsi que la foule des clients. Cette toile, par sa facture franche, son synthétisme schématique et la parfaite unité lumineuse est l'ultime affirmation des impératifs de l'œuvre de Manet.